Atelier méthodologique de l’étude sur les dépenses de sécurité et leurs effets d'éviction sur le financement des dépenses de développement dans les pays membres du G5 Sahel

20 novembre 2019 > 21 novembre 2019, Ouagadougou

L'atelier réunira le Secrétariat permanent du G5 Sahel, l’équipe de la Chaire Sahel, les experts pays et internationaux impliqués dans le projet, les représentants des États qui seront les points focaux, l’équipe de la Banque mondiale partenaire de la Chaire Sahel pour l’étude, l’équipe du Fonds monétaire international (tbc) et des personnes ressources.

Présentation de l'étude :

Les pays sahéliens font face à une menace sécuritaire importante les obligeant à consacrer une partie croissante de leurs budgets à des dépenses de sécurité (militaires et de police). Celles-ci restent malgré cela faibles au regard des besoins et devraient augmenter. Cependant, les budgets des États sahéliens étant particulièrement contraints, le financement de ces dépenses nécessite des arbitrages budgétaires entre les dépenses de sécurité et celles qui visent à éradiquer les causes économiques et sociales des crises qui les frappent, et risque d’entraîner un accroissement de leur endettement. La croissance démographique, et l’urbanisation accélérée qui l’accompagne, ainsi que les dégradations environnementales constituent des défis majeurs pour les États.

Créé en 2014, le G5 Sahel (G5S) est une organisation régionale comptant cinq États membres (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) dont le PIB cumulé est proche de 53 milliards de dollars américains (CNUCED, 2018). Pour assurer son double mandat (développement et sécurité)  sur un vaste espace (5 millions de kilomètres carrés) où vivent près de 80 millions d’habitants, la conférence des chefs d’état a créé le Secrétariat Permanent du G5 Sahel, basé à Nouakchott (Mauritanie), en charge du volet développement, et le commandement militaire, basé au Mali, en charge du volet militaire.

La somme des dépenses militaires des pays du G5 atteint 1,4 milliard de dollars courants en 2018. Ce niveau historiquement élevé s’explique notamment par le contexte spécifique des pays sahéliens : faible densité du peuplement, vastes superficies, coûts logistiques élevés, importation de l’équipement, nature asymétrique des menaces, etc.

Toutefois, pour être efficaces, les efforts en matière de sécurité ne doivent pas s’effectuer au détriment des dépenses envers les populations les plus pauvres et d’un développement au bénéfice de tous. Afin de fonder les arbitrages budgétaires futurs sur un diagnostic solide, il convient de disposer d’une statistique fiable des dépenses publiques des États membres dans les domaines de la sécurité et du développement, d’analyser comment s’est opéré dans les années récentes cet arbitrage et d’évaluer le niveau minimum des dépenses requises pour une croissance inclusive. Ce diagnostic doit conduire à des recommandations opérationnelles pour la mise en œuvre de politiques publiques répondant aux besoins fondamentaux des Sahéliens en matière de développement humain.

Aussi, lors de sa cinquième session ordinaire tenue le 03 février 2019 à Ouagadougou, le Conseil des Ministres du G5 Sahel a instruit le Secrétariat permanent de «diligenter avec la Chaire Sahel une l’étude sur  les dépenses  de sécurité et leurs effets d'éviction sur le financement des investissements notamment au niveau des secteurs sociaux dans les pays membres du G5 sahel ».

L’étude ambitionne donc :

  • de mesurer la part des dépenses de défense et de sécurité et leur évolution sur la période 2010- 2018 ;
  • de voir la corrélation entre l’évolution de ces dépenses et celles réalisées pour le développement en particulier dans les secteurs sociaux et d’en mesurer leurs effets.

Une première étape consiste en la tenue d’un atelier visant à préciser la méthodologie à mettre en place pour une pleine réussite de cette étude.

Partenaires

  • Secrétariat permanent du G5 Sahel