Renforcement des systèmes de santé et des politiques de lutte contre les maladies infectieuses - 2018

Avec le soutien du Gouvernement Princier de la Principauté de Monaco et de la Fondation Mérieux, la Ferdi a proposé une formation en économie de la santé à Clermont-Ferrand.

La formation proposée était destinée à des acteurs publics et privés issus de pays francophones d’Afrique au sud du Sahara concernés par le secteur de la santé, que cela soit au niveau national, régional ou des districts. Elle était également ouverte à des participants venant de secteurs importants pour la santé, tels que par exemple, les ministères des finances, du travail et des affaires sociales, de l’intérieur, de l’hydraulique et de l’aménagement du territoire.

Note de concept

Depuis l’adoption des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), d’importants progrès ont été accomplis en matière de santé dans les pays en développement, y compris dans ceux situés au sud du Sahara. Par exemple, en ces derniers, le taux de mortalité infanto-juvénile et le ratio de mortalité maternelle sont respectivement passés de 150 à 76 pour mille et de 800 à 540 pour 100.000 naissances vivantes en 2015. L’espérance de vie à la naissance a en moyenne progressé de 52 ans à un peu plus de 60 ans. Mais en dépit de ces avancées significatives, la situation sanitaire reste médiocre et les pays de la tranche inférieure des États à revenu intermédiaire, se trouvent confrontés à des contraintes protéiformes dont deux revêtent une importance particulière :

  • La plupart d’entre eux sont engagés dans une transition épidémiologique alors que le poids des maladies infectieuses reste important, parallèlement à la croissance rapide des maladies non transmissibles (MNT). Sur les dix premières causes de la charge globale de maladies dans les pays en développement, quatre sont liées aux maladies infectieuses (maladies diarrhéiques, paludisme, infections des voies respiratoires inférieures, VIH/sida) ;
  • Ces pays doivent donc faire face à un double fardeau, alors que les dépenses de santé par habitant restent faibles (de l’ordre de 40 $ en moyenne en 2015), et dans bien des cas insuffisantes pour seulement permettre le fonctionnement correct du premier niveau des systèmes de santé. Par ailleurs, l’aide à la santé, estimée en 2015 à 36,4 milliards de dollars, et qui avait approximativement triplé depuis 2000, a décliné de plus de 4 % depuis son pic de 2013, annonçant très probablement la fin de ce qu’il est convenu d’appeler « l’âge d’or » du financement international de la santé.

C’est dans ce contexte que les États ont adopté en 2015 le très ambitieux objectif 3 des Objectifs du Développement Durable (ODD), « Assurer une vie en bonne santé et promouvoir le bien-être pour tous à tout âge ». Les MNT et les traumatismes sont considérés comme des priorités urgentes de l’action et un défi pour le développement. Or, les maladies infectieuses sont aussi des facteurs de risque des MNT. Enfin, les succès enregistrés, lorsqu’ils existent, ne doivent pas être considérés comme acquis comme le montre l’augmentation de la résistance aux traitements et aux insecticides dans le cadre de la lutte contre le paludisme.

Programme

Premier volet en présentiel (Clermont-Ferrand, du 17 au 21 septembre 2018) - 30 heures autour de trois axes thématiques :


1- Lutte contre les maladies infectieuses dans le contexte du besoin de renforcement des systèmes de santé :

  • les contraintes des systèmes de santé pour délivrer des soins efficaces et efficients ;
  • la lutte contre les maladies infectieuses, politiques intersectorielles et cadre macro-économique ;
  • les maladies infectieuses et couverture universelle en santé.

2- Efficience des interventions en santé dans un contexte de ressources limitées :

  • l'analyse coût-efficacité, incluant l’analyse des coûts et la présentation des critères d’efficacité ;
  • le ratio coût-efficacité différentiel ; impact budgétaire.

3- Maladies infectieuses et développement économique :

  • l’impact des maladies sur les facteurs économiques (éducation, participation au marché du travail, revenu, fécondité) ;
  • les méthodes d’évaluation (incluant les essais randomisés contrôlés) ;
  • l'épidémiologie économique : intégrer les comportements dans l’évaluation et la compréhension des épidémies.

Second volet à distance (du 5 au 23 novembre 2018)
15 heures de cours et 15 heures de travaux individuels, avec interactivité en ligne des intervenants et des participants

Ce second volet comprend des compléments thématiques, des approfondissements méthodologiques et des études de cas combinant transversalement les trois axes du premier volet. Sur le plan technique et logistique, ce volet bénéficie des ressources de l’IHEDD en matière d’enseignement à distance et de plate-forme numérique.

Certification

L’évaluation pour l’obtention du certificat repose sur les deux volets du programme.

Les auditeurs ayant satisfait les exigences de cette évaluation se voient délivrer à l’issue de la formation le certificat des « Hautes études en développement durable », mention « Économie de la santé dans les pays en développement ».

Une formation de l'IHEDD, l'Institut des Hautes Études du Développement Durable

L'IHEDD, administré par la Ferdi, est l'institut de formation du laboratoire d'excellence (LabEx) IDGM+ « Initiative pour le développement et la gouvernance mondiale » conduit avec l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) et le Centre d’études et de recherches sur le développement international (Cerdi).

Partenaires

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