
Lors de la réunion organisée par le Dialogue de Paris le 28 avril à l’OCDE, la Ferdi a pu rappeler que l’allocation entre pays des fonds concessionnels aux pays pauvres et vulnérables qui en ont le plus besoin était aujourd’hui une priorité et qu’un message clair du G7 était attendu. Il semble que la France porte cette priorité en «réaffirmant la solidarité en faveur des pays les plus vulnérables pour renforcer leur résilience». Dans ce contexte, la Ferdi a rendu publique en amont une note préparée à l’attention du G7 proposant 10 principaux points opérationnels de l’allocation des fonds concessionnels : «Allocation des ressources concessionnelles pour le développement et les biens publics mondiaux : dix questions et principes simples pour le G7».
Une priorité claire : les pays pauvres et vulnérables
Les ressources concessionnelles doivent prioritairement bénéficier aux pays pauvres et structurellement vulnérables lorsqu’il s’agit de financer le développement. Il ne s’agit pas seulement de savoir quels pays vont accéder à des ressources, mais aussi comment elles seront réparties entre eux : l’allocation entre pays compte au moins autant que l’éligibilité : ce n’est pas seulement qui peut accéder aux ressources, mais comment elles sont réparties. De plus, la vulnérabilité structurelle (économique, climatique, institutionnelle) doit être mieux intégrée dans les critères d’allocation, aux côtés du revenu. Dans un contexte de multiplication des chocs – climatiques, géopolitiques, financiers – cette approche permet de mieux cibler les besoins réels et de renforcer l’efficacité des financements.
Clarifier les règles du jeu international
Au-delà de ce principe, la Ferdi insiste sur un point essentiel pour les discussions du G7 et ses partenaires : les critères d’allocation doivent varier selon les objectifs poursuivis.
Pour le développement, les critères de besoins (pauvreté, vulnérabilité) doivent primer.
Pour les biens publics mondiaux, l’allocation doit davantage refléter l’efficacité globale (par exemple en matière de réduction des émissions). Pour l’adaptation, la logique rejoint celle du développement, en mettant l’accent sur la vulnérabilité. Cette différenciation est indispensable pour éviter les arbitrages implicites et les distorsions dans l’utilisation de ressources rares.
Un message pour le G7… et au-delà
A travers cette note, la Ferdi entend contribuer aux débats internationaux en cours. Ses travaux, inscrits dans une réflexion de long terme sur l’architecture du financement du développement, visent à réconcilier efficacité globale et équité entre pays.
L’enjeu est clair : sans règles d’allocation explicites et cohérentes, le risque est grand de diluer les ressources concessionnelles au détriment des pays qui en ont le plus besoin.
À l’heure où le système international de financement du développement est appelé à se transformer, remettre la priorité sur les pays pauvres et vulnérables n’est pas seulement une question de justice — c’est une condition d’efficacité.