Volatilité financière, régulation macro-prudentielle et croissance dans les pays à faible revenu

Volatilité financière, régulation macro-prudentielle et croissance dans les pays à faible revenu
Etudier les interactions entre volatilité financière, régulation prudentielle et croissance économique en Afrique Sub-saharienne.

Projet terminé • 1 septembre 2014 > 1 février 2017

La crise financière de 2007-2009 a souligné le faible impact en terme macroéconomique des politiques de régulation et les failles du marché qui contribuent à la montée des risques du système financier. Les réformes proposées au niveau international ont conduit à l'adoption en novembre 2010 des Accords de Bâle III définissant de nouveaux standards bancaires.

Toutefois, une bonne part des discussions portent sur les effets à court terme de la volatilité financière sur la stabilité économique, plutôt qu'à leurs effets à long terme. Bien qu'il soit important de mettre l'accent sur le court terme - de nombreux pays, notamment les plus pauvres, ont une faible capacité de résilience aux chocs à court terme - on ne peut négliger le long terme, car par expérience on sait que les crises financières ont de lourds impacts à long terme sur le développement financier et la croissance économique. De ce point de vue, la crise financière mondiale pose des questions importantes. Comment la volatilité financière affecte-t-elle la croissance sur le long terme? Les règles macro-prudentielles choisies ont-elles des effets négatifs sur la croissance à long terme en raison de leurs effets sur la prise de risques?

Peu de contributions ont tenté de répondre à ces questions de manière méthodique.

Objectifs du projet

Par conséquent, l'objet du projet était d'étudier, à la fois de manière théorique et de manière empirique, les interactions entre la volatilité financière, la régulation prudentielle et la croissance  économique, dans le contexte de l'Afrique Sub-saharienne. L'objectif in fine étant de définir des règles macro prudentielles pour les politiques à venir. Pour l'Afrique Sub-saharienne, le projet se focalisait en particulier sur les pays francophones. L'enjeu était d'autant plus important que la nature des décisions monétaires et financières de ces pays engendre des implications lourdes. En effet, les pays à faible revenu ou les pays  à revenu intermédiaire font face aux mêmes faiblesses dans le domaine du contrôle prudentiel. Plusieurs aspects de la recherche s'avèrent utiles pour ces deux catégories de pays.

De manière spécifique, le projet avait quatre objectifs :

  • contribuer à la littérature analytique existante sur les liens entre volatilité financière et croissance économique, et comment les mesures de régulation macro-prudentielles contenues dans les Accords de Bâle III (en particulier ceux considérés appropriés au contexte institutionnel des pays en développement, comme par exemple les besoins de liquidités et les ratios de levier) peuvent contribuer à atténuer les effets de la volatilité financière sur la croissance;
  • apporter de nouvelles preuves de l'impact de la volatilité financière et ses facteurs déterminants (à la fois domestiques et externes) sur la croissance économique, avec une attention particulière portée sur les pays à faible revenu en Afrique sub-saharienne;
  • développer des études de cas pour les pays francophones d'Afrique sub-saharienne en se concentrant sur les liens entre volatilité financière (incluant la volatilité des versements et flux de capitaux, publics et privés), la régulation macro-prudentielle et la croissance, en prenant en compte les régimes financiers et monétaires spécifiques, en complément des études de cas développées en parallèle par le projet ESRC-DFID (Université de Manchester). Ainsi, une importante analyse comparative de ces questions sera rendue pour la région;
  • identifier les implications pratiques issues de l'analyse et de la recherche empirique pour les politiques et discuter plus largement en quoi ces implications diffèrent du point de vue consensuel attaché aux bénéfices de la libéralisation financière et à l'efficacité des politiques macro-prudentielles (en particulier ceux considérés dans les accords de Bâle III) dans la promotion de la croissance.

Partenaires

  • Université de Manchester (ESRC-DFID project)

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