Pays les moins avancés : différenciation entre pays et graduation

Les travaux de la Ferdi concernant les «Pays les moins avancés (PMA)» portent sur l’amélioration de leur identification et sur l’efficacité de leur «traitement différencié»

La catégorie des Pays les Moins Avancés (PMA) a été établie par l’Organisation des Nations Unies en 1971 pour tenir compte de la diversité des pays en développement et apporter un traitement différencié aux plus pauvres. Partant d’un nombre initial de 25 pays, la catégorie compte 47 PMA en 2019 dont la majorité se situe en Afrique.

Les PMA se caractérisent par leur faible niveau de revenu par tête et par les handicaps structurels qui entravent leur développement, ce qui justifie une attention particulière et des mesures de soutien de la part de la communauté internationale. Ces handicaps structurels sont mesurés à l’aide d’un indice de vulnérabilité économique (EVI) et d’un indice de capital humain (HAI).

Les travaux de la Ferdi sur les Pays les Moins Avancés sont concentrés autour des fondements de la catégorie, notamment l’amélioration de leur identification, et de l’efficacité des mesures prises en leur faveur

Identifier les PMA

Le premier volet des travaux à la Ferdi expose l'origine et les fondements des critères ainsi que les conséquences de leur application sur le contenu et la cohérence de la liste des PMA.

Un ouvrage de référence : Caught in a Trap, Identifying the least developed countries

L’ouvrage de référence Caught in a Trap, Identifying the least developed countries, paru en anglais en 2009, a montré les fondements logiques de la catégorie des PMA justifiant le traitement spécial dont bénéficie la catégorie, les pays pauvres faisant face à de forts handicaps structurels pour leur développement.
Cette recherche est conduite sous la direction de Patrick Guillaumont qui en tant que membre du Comité des Politiques de Développement des Nations Unies a eu la responsabilité de présider pendant une dizaine d’années le groupe d’experts chargés au sein de ce comité d’examiner et d’appliquer les critères d’identification des PMA. 
L'ouvrage fait actuellement l'objet d'une deuxième édition prenant en compte les dernières évolutions relatives à la catégorie Pays les moins avancés (PMA). Cette deuxième édition sera traduite en français.

Améliorer les critères et les indicateurs

Les critères d'identification des PMA sont actuellement au nombre de trois : revenu par tête faible, niveau de capital humain faible, vulnérabilité économique (structurelle) élevée. La Ferdi évalue ces critères et considère comment ils peuvent être améliorés. Elle examine notamment comment les deux indicateurs structurels peuvent être agrégés en un indicateur synthétique et ce que peut être un indice de « moindre développement probable ».

Efficacité des mesures prises en faveur des PMA

La recherche de la Ferdi porte certes sur les performances générales en matière de croissance, de réduction de la pauvreté, et de progrès vers l’atteinte des objectifs de développement durable, mais plus particulièrement sur les effets des trois grandes catégories de mesures que sont : les préférences commerciales accordées aux PMA ; les objectifs spécifiques attribués à l'aide bilatérale aux PMA ; un large éventail de mesures multilatérales prises en faveur des PMA, essentiellement aux Nations Unies et à l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

Préparation de l’ouvrage collectif Out of the trap: Supporting the Least Developed Countries

L’ouvrage Out of the trap. Supporting the Least Developed Countries préparé depuis plusieurs années constituera la première évaluation d’ensemble de l’efficacité des mesures prises en faveur des PMA. Il s’agit d’un ouvrage collectif auquel ont contribué une dizaine de chercheurs. 
L’ouvrage, à travers 8 chapitres, analyse les performances globales des PMA, comment leurs politiques sont influencées par des facteurs structurels et quelle a été l’efficacité des mesures de soutien en deux domaines essentiels: l’aide extérieure (bilatérale et multilatérale) et le soutien au commerce. Il examine aussi la portée du processus de graduation hors de la catégorie et le rôle des PMA dans la gouvernance mondiale.

Appartenance au consortium LDCIV Monitor

La Ferdi est membre fondateur du « LDC IV Monitor », un groupe de sept  think-tanks et d’institutions du développement dont l'objet est, en coopération avec les institutions des Nations Unies chargées de suivre le Programme, de produire une évaluation indépendante et complémentaire du suivi « officiel » du programme décennal adopté à Istanbul en 2011 lors de la 4ème Conférence des Nations Unies sur les PMA.

Participation de la Ferdi à des conférences pour défendre la mise en œuvre effective des promesses faites aux PMA.

- interventions dans les événements organisées par l'UN-OHRLLS;
- organisation d'événements parallèles lors des conférences de suivi du Programme d’Action d’Istanbul (IPoA);
- participation aux réunions du groupe LDCIV Monitor et aux événements conjoints Nations Unies - LDCIV;
- interventions dans les forum sur le développement international.

Résultats et impact

La Ferdi se distingue sur la question des PMA par l’expertise et l’expérience de son équipe qui permet la réalisation de travaux pertinents et une influence sur les décisions concernant la catégorie. En effet :

  • Le Président de la Ferdi, Patrick Guillaumont, a présidé pendant une dizaine d'années le groupe d’experts chargé de définir, réviser, et appliquer les critères d’identification des PMA.
  • Sous l’influence de la Ferdi, l’Organisation des Nations Unies a recommandé aux partenaires du développement, dans le cadre d’une résolution prise en 2013, de considérer les critères d’identification des PMA parmi les indicateurs d’allocation de l’aide au développement.
  • La Ferdi contribue à l’analyse des conditions et perspectives de sortie de la catégorie des PMA (« graduation »)

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