AFD, Ferdi, WAEMU and CAEMC co-organised the side event : Addressing state fragility and country vulnerabilities in aid allocation to reach poor and vulnerable people


During the 2nd High-Level Meeting of the Global Partnership for Effective Development Cooperation, the Foundation for International Development Study and Research (FERDI) in collaboration with the Agence française de développement (French Agency for Development - AFD), the Central African Economic and Monetary Community (CAEMC - CEMAC) and the West African Economic and Monetary Union (WAEMU - UEMOA) organised on 30th November 2016 the side event : Addressing state fragility and country vulnerabilities in aid allocation to reach poor and vulnerable people.

The side event considered risks related to country and people’s vulnerability, and how taking into account vulnerabilities in resource allocation mechanisms can cover them. The event convened participants to discuss 1/ Whether concessional resources should be directed to people or to countries, 2/ Whether country categories could be relevant in allocating concessional resources and, if so, 3/ How different country categories should be handled?

The panelists were : 

  • Euphrasie Kouassi Yao, Minister for Promotion of Women, the Family and the Protection of Children, Republic of Côte d'Ivoire
  • Gyan Chandra Acharya, UN Under Secretary General and High Representative for the Least Developed Countries, Landlocked Developing Countries and Small Island Developing States
  • Jake Grover, Senior Policy Advisor, Department of Policy and Evaluation, Millennium Challenge Corporation
  • Philippe Orliange, Director for Strategy, AFD
  • Patrick Guillaumont, President of Ferdi

 Minutes of the meeting 

The panelists admitted the importance of targeting assistance on the countries whose structural vulnerabilities are the strongest.

Gyan Acharya underlined that achieving the SDGs will require a better consideration of vulnerability criteria in allocation of concessional resources.

Patrick Guillaumont pointed out the principle of equity which justifies in particular the use of the EVI (economic vulnerability index) in allocation of development assistance. If the largest number of poor people live in middle-income countries, these people have generally more ways to cope with their economic vulnerabilities. The same applies to other forms of vulnerability such as sociopolitical, or climate change in decisions to allocate adaptation funds. The panelists agreed on the excessive rigidity which establishes a category of countries in an allocation process. Patrick Guillaumont insisted on the relevance to consider criteria of vulnerability rather than categories of countries in order not to avoid thresholds in allocations to better take into account the various degrees of vulnerabilities and their different aspects. He reminded the recent resolution on the "smooth transition" adopted by the United Nations General Assembly inviting its members to favor the criteria for identifying LDCs in their aid allocation.

Euphrasie Kouassi Yao and Philippe Orliange recalled that LDCs are not the only vulnerable countries. For Minister Yao, middle-income countries are facing vulnerabilities that need to be addressed. She considers that the national level is much more relevant, notably because NGOs  can create "duplicates". Philippe Orliange took the example of Lebanon which, in spite of a relatively high per capita income (Lebanon is an upper-middle-income country), is facing a political and regional vulnerability that is difficult to cope alone. He suggested that a regional vulnerability criterion should be taken into account in order to consider the risks of  crisis contagion. He announced the creation of a facility on vulnerability mitigation and crisis response implemented by the AFD and endowed with a budget of 100 million euros per year. He underlined also that developing partners does not necessarily seek ODA but also technical solutions, that qualifies aid allocation issue for which flexibility and adaptation capacity must be prioritized when possible.

Gyan Acharya insisted on the need for developing countries to improve their capacity to build resilience. He underlined the low level of commitment to vulnerable countries, especially LDCs.

Jake Grover presented the concept of Millenium Challenge Coproration for allocation. The MCC focuses on needs and "merit" criteria. Regarding the needs criteria, the MCC targets only low-income countries and low middle-income countries. Regarding the merit criteria, the MCC includes some twenty indicators measuring in particular the rule of law and the degree of economic freedoms. MCC does not target a specific category of countries and does not work with failed states but invests increasingly in institutional fragility issues. The MCC example illustrates the dilemma between seeking performance and the need to address vulnerabilities.

As Patrick Guillaumont pointed out, the weight of macroeconomic performance in allocation models is an important subject of debate, especially for multilateral development banks that need consensus on the formula definition in which the vulnerabilities need to be considered. The European Commission model whose formula evolved in this direction under the impulse of works  by the Ferdi is an example.

 


Compte-rendu

Les panélistes ont tous reconnu l'importance de cibler les ressources sur les pays dont les vulnérabilités structurelles sont les plus fortes.

Gyan Acharya a souligné que l'atteinte des ODD passera par une prise en compte plus franche des critères de vulnérabilités dans les allocations de ressources concessionnelles.

Patrick Guillaumont a rappelé à ce titre le principe d'équité qui justifie notamment l'emploi de l'EVI (indice de vulnérabilité économique) dans les allocations d'aide au développement. Si un plus grand nombre de pauvres se trouvent dans les pays à revenu intermédiaires, ces derniers disposent généralement de plus de moyens pour faire face à leurs vulnérabilités économiques. Il en va de même pour les autres formes de vulnérabilité comme celles socio-politiques, ou encore la vulnérabilité au changement climatique dans les décisions d'allocation des fonds d'adaptation. Les panélistes se sont accordés sur la trop grande rigidité que constitue une catégorie de pays dans un processus d'allocation. Patrick Guillaumont a insisté sur la pertinence de considérer des critères de vulnérabilité plutôt que des catégories de pays afin de ne pas créer des seuils dans les allocations et de mieux tenir compte des degrés variés de vulnérabilités et de leurs différents aspects. Il a rappelé la récente résolution sur la "transition douce" adoptée par l'Assemblée des Nations Unies invitant ses membres à privilégier les critères d'identification des PMA dans l'allocation de leur aide.

Euphrasie Kouassi Yao et Philippe Orliange ont rappelé qu'il n'y a pas que les PMA qui soient vulnérables. Pour la Ministre Yao, les pays à revenus intermédiaires font face à des vulnérabilités qu'il est nécessaire d'accompagner. En réponse à la première question, elle estime que l'échelon national est beaucoup plus pertinent, passer par les ONG créant des "doublons". Philippe Orliange a pris quant à lui l'exemple du Liban qui, malgré un revenu par tête relativement élevé (le Liban est un pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure), fait face à une vulnérabilité politique et régionale difficile à juguler seul. Il a proposé qu'un critère de vulnérabilité régionale soit pris en compte afin de considérer les risques de contagion des crises. Il a annoncé à cette occasion la création d'une facilité d'atténuation des vulnérabilités et de réponses aux crises mise en oeuvre par l'AFD et dotée d'un budget de 100 millions d'euros par an. Il a également souligné que les interlocuteurs de l'AFD dans les pays en développement ne recherchent pas nécessairement de l'aide mais plutôt des éléments de solutions techniques, ce qui nuance quelque peu la question de l'allocation de l'aide pour laquelle il faut privilégier lorsque cela est possible souplesse et capacité d'adaptation.

Gyan Acharya a insisté sur le besoin de construire la résilience et a souligné le faible respect des engagements envers les pays vulnérables, et plus particulièrement les PMA.

Jake Grover a quant à lui présenté l'approche du Millenium Challenge Coproration (MCC) en matière d'allocation. Le MCC privilégie des critères de besoins et de "mérite". En matière de besoins, le MCC ne cible que des PFR et des PRITI. En matière de mérite, le MCC considère une vingtaine d'indicateurs mesurant notamment l'Etat de droit et le degré de libertés économiques. Le MCC ne cible pas particulièrement une catégorie de pays et ne travaille pas avec les Etats faillis mais investit de plus en plus le champs des fragilités institutionnelles. L'exemple du MCC illustre le dilemme entre la recherche de performance et le besoin de s'attaquer aux vulnérabilités.

Comme l'a rappelé Patrick Guillaumont, le poids de la performance macroéconomique dans les modèles d'allocation est un sujet de débat important, particulièrement pour les Banques multilatérales de développement qui ont besoin d'un consensus autour de formules dans lesquelles les vulnérabilités doivent trouver leur place. Le modèle de la Commission européenne dont la formule a évolué dans ce sens sous l'impulsion de travaux de la Ferdi en est un exemple.